Caldas était fort satisfait de son ouvrage; il avait écrit, en gros de sa plus belle anglaise, d'une écriture qui eût ravi les imprimeurs du Bilboquet.
Elle ne ravit pas M. Rafflard:
—J'avais bien raison de me défier de vous, continua-t-il; regardez-moi ces chemises, sont-elles présentables?
—Que leur manque-t-il, s'il vous plaît? demanda Caldas vexé.
—Ce qui leur manque! riposta le commis principal, tout. Le nom de famille doit être en grosse bâtarde, le prénom en coulée moyenne, l'âge en lettres moulées, la profession en ronde, et le domicile en cursive.
Caldas posa sa plume avec un profond découragement.
—-Je ne suis que bachelier ès lettres et ès sciences, dit-il, licencié en droit; je ne sais pas encore toutes ces choses.
—Eh bien, il faut les apprendre, répondit sèchement M. Rafflard. Vous avez votre éducation à refaire. Dorénavant, vous vous contenterez de préparer les chemises.
Oh! comme il fut humilié, le pauvre Caldas, si humilié que, prenant à part le jeune Basquin, il le conjura de vouloir bien lui donner quelques leçons de pleins et de déliés.
Mais Basquin ne donne pas de leçons.