—J’ai de bonnes raisons pour croire que Louise ne dira pas non.

—C’est déjà quelque chose.

—Malheureusement, je suis au moins aussi sûre d’une vive résistance de la part de madame d’Ambleçay.

—Bast! quand on se sent aimé on est bien fort; je jure pour ma part que si tes parents s’étaient opposés à notre mariage...

—Chut!... le voici.

Hector reparut, plus grave qu’un député le jour du vote de l’Adresse, tout de noir vêtu comme un notaire où un maître d’hôtel. Il achevait de mettre ses gants paille.

—Je pars pour le château d’Ambleçay, dit-il d’un ton résolu.

Ses amis essayèrent quelques représentations des plus justes, mais tous leurs efforts échouèrent contre son obstination.

—Je veux être fixé, répondit-il; je me sens en veine de courage, j’en profite, le sort en est jeté. La voiture doit être attelée, adieu; souhaitez-moi bonne chance.

Lorsque Hector fut parti, madame Aubanel conjura son mari de courir après cet imprudent, qui par une démarche inconsidérée allait certainement tout compromettre.