Strict observateur de sa parole, Hector ne parla pas de la scène du salon, mais en peu de mots il résuma sa conversation avec la mère de Louise. Lorsqu’il en arriva à la lettre dont il était chargé par l’abbé, madame Aubanel partagea son avis.

—C’est une branche de salut qu’il vous tend, dit-elle, mais soyez circonspect. Je connais la baronne depuis mon enfance, jamais je ne l’ai vue revenir sur une décision. Pas un mot de Louise à sir James. Si je suis surprise d’une chose, c’est qu’elle ne vous ait pas repoussé absolument. Il y a pour moi là-dessous un mystère que je pénétrerai. Je dois vous avouer que je connaissais l’histoire de la famille d’Ambleçay, et l’échange des paroles...

—Et je n’en savais rien, moi! s’écria Ferdinand; ma femme a des secrets, c’est une trahison. Mais toi, pauvre ami, que vas-tu faire?

—D’abord, partir ce soir même; puis, j’agirai selon les circonstances. Toi-même, à ma place, que ferais-tu?

—Vrai, je n’en sais absolument rien. Tout ce que je puis dire, c’est que si entre Herminie et moi j’avais aperçu un rival, un homme, un Anglais surtout...

—Eh bien?

—Je l’aurais étranglé, net, sans remords. Moi, d’abord, je ne puis souffrir les Anglais.

—Hélas! j’avais la faiblesse d’aimer ce peuple.

—Quel aveuglement!

—J’en reviens. C’est égal, ton moyen est violent.