—Voici, monsieur, une lettre, que je suis chargé de vous remettre.

—Vous permettez, monsieur? demanda sir James en brisant le cachet.

L’abbé avait eu soin d’écrire en anglais. Aussi M. Wellesley parcourut la lettre en quelques secondes.

Le vieux prêtre y parlait sans doute avantageusement d’Hector, car les manières de sir James changèrent subitement du tout au tout. Autant il avait été froid, autant il devint poli et même affectueux. Il invita son visiteur à s’asseoir, ce qu’il n’avait pas fait pour un homme qui ne lui avait pas été présenté.

Après une heure de conversation assez laborieuse vu la difficulté de la mimique, les deux jeunes gens étaient au mieux ensemble.

Sir James raconta à son nouvel ami qu’il était en route pour aller se marier en Touraine. S’il s’était arrêté à Paris, c’est qu’il désirait se perfectionner dans la langue française et parler intelligiblement avant de se présenter devant celle qu’il devait épouser.

Hector pensa que son séjour dans la capitale durerait longtemps.

L’Anglais alors confessa l’ennui profond qu’il éprouvait à Paris; il n’y connaissait personne et vivait seul. Il lui semblait toujours que les gens auxquels il adressait la parole se moquaient de lui. S’il entrait dans un magasin, les marchands le volaient; au théâtre il ne comprenait absolument rien; même au ballet de l’Opéra il trouvait les pirouettes de mademoiselle Emma Livry trop écrites en français. Bref, il était tout à fait désolé, very disappointed, comme il le dit avec un soupir.

Mais la figure du baronnet s’éclaira quand Hector lui eut dit qu’il comptait rester quelques semaines à Paris et qu’il se mettait à sa disposition, soit pour le promener, soit pour le présenter dans quelques familles où il était admis.

Sir James, d’un ton attendri, jura une éternelle amitié à celui qu’il appelait son sauveur.