Tout en reconduisant ses hôtes jusque dans la cour, M. Blandureau faisait jurer à «mylord» Wellesley de revenir souvent, le plus souvent possible.

—Je vous le promets, répondit le baronnet.

Et lorsqu’il se trouva seul avec Hector:

—Je ne saurais exprimer, lui dit-il, l’impression profonde que je garde de cette jeune fille; je la trouve, en vérité, tout à fait charmante et adorable.

Hector ouvrait la bouche pour répondre:

—Mademoiselle Aurélie est ma fiancée.

Un secret pressentiment l’arrêta.

IX

Le jour où Hector avait imaginé l’abominable plan qui devait conduire à l’abîme l’homme heureux désigné par le baron d’Ambleçay, il n’avait pas compté avec sa conscience. Il n’avait écouté que le désespoir, conseiller des résolutions insensées.

Avec le sang-froid et la réflexion, le sentiment de l’honneur lui revint, et il comprit tout l’odieux de son projet. Il eut horreur d’avoir pu s’y arrêter seulement une minute, et il y renonça. Pourtant, à moins d’un miracle, il n’entrevoyait pas de salut possible. Que pouvait-il faire? Attendre. Il attendit avec les mortelles angoisses du malheureux qui sait une inévitable condamnation suspendue sur sa tête.