—Ah! fit l’ambassadeur, quelqu’un m’attend dans le salon rose.

—Alors, dit Pascal, à mercredi.

Et il se dirigea vers la porte. M. de Saint-Roch le retint.

—Pas par là, pas par là, dit-il. Peste! vous pourriez rencontrer quelqu’un. On ne doit rencontrer personne chez moi, la maison est disposée en conséquence. J’y recevrais vingt personnes à la fois, que chacun se croirait seul. Par ici, venez.

Et, ouvrant une porte dissimulée par des cartons, il remit Pascal aux mains d’un domestique, qui le conduisit, par un couloir assez obscur, jusqu’à la rue.

Le soir même, Pascal racontait, sans omettre le plus léger détail, sa visite au négociateur. Jamais récit n’eut plus grand succès. Mais ce n’était là qu’un premier acte, et chacun engagea le jeune ingénieur à pousser l’aventure. Lorilleux lui-même, que les exhortations matrimoniales de l’ambassadeur avaient beaucoup réjoui, fut de cet avis.

Pascal fut donc fidèle au rendez-vous. Cette fois on le fit attendre dans un salon vert-pomme, à la couleur près exactement semblable au premier. Il n’eut pas le temps de s’impatienter. M. de Saint-Roch parut presque aussitôt.

Mais combien cette seconde réception fut différente de la première! Pascal fut accueilli comme un fils attendu avec impatience, l’ambassadeur ne savait quelle fête lui faire.

—Eh bien! lui dit-il, j’ai pensé à vous. Ah! vous êtes un jeune homme bien honnête, et je vous dois des félicitations: pourquoi tous mes clients ne vous ressemblent-ils pas?

—Comment cela, en quoi?