—Eh! vous êtes trop modeste, mon cher enfant, vous m’avez caché une partie de votre fortune. Que me disiez-vous donc, que votre père possède dix mille livres de rentes et une étude qui vaut quarante mille francs? Son étude vaut trente mille écus, et il a bien près de vingt mille livres de rente. Sa seule ferme de Kerpris rapporte douze mille francs par an. Il a près de Guingamp des bois magnifiques, et de superbes prés le long du Trieux.

Jamais homme ne fut plus stupéfait que Pascal en écoutant ces détails. Comment! un étranger connaissait mieux ses affaires que lui-même? D’où diable M. de Saint-Roch tenait-il ces détails?

—Ce n’est pas tout, continua le fondateur de la profession matrimoniale, vous annonciez une fortune personnelle de trois cent mille francs; vous avez beaucoup mieux que cela. Le docteur Lorilleux dit partout que vous avez le double, mais votre associé, M. Lantier, calcule sur quatre cent cinquante mille francs.

—Morbleu! monsieur, dit Pascal, d’où savez-vous tout cela?

—Eh! eh! fit M. de Saint-Roch en riant, on est allé aux renseignements.

—Monsieur!

—N’allez-vous pas vous fâcher? Ah çà, croyez-vous donc que je marie les gens sans savoir ce que je fais? Ce serait de belle besogne, vraiment! Sachez que je n’ignore aucun détail de l’existence de mes clients. Je sais toutes les particularités de votre vie mieux que votre meilleur ami, le docteur Lorilleux. Ainsi, je pourrais vous dire ce que vous lui avez caché: par exemple, pourquoi vous avez donné votre démission il y a six ans.

—Oh! pour cela!...

—Eh! cher client, vous vous êtes retiré parce que vous deviez être nommé en province, et qu’à aucun prix, à ce moment, vous ne vouliez quitter Paris, à aucun prix! Certaine affaire de cœur...

Pascal devint cramoisi. Il eut presque peur.—«Ah çà, pensait-il, c’est un sorcier, cet homme, ou un employé de la préfecture de police.» Il regrettait fort sa démarche, et était bien près de se fâcher.