«Je reçois à l’instant l’avis qu’une excellente occasion se présente pour vous de voir mademoiselle Gerbeau. Mon excellent ami le chevalier de Jeuflas ira ce soir vous prendre à neuf heures précises. Il se fera un plaisir de vous conduire à un bal où vous rencontrerez cette demoiselle.
«Je serais désolé que ma lettre ne vous parvînt pas à temps, peut-être ne trouverions-nous jamais de si tôt pareille occasion, la jeune personne sortant peu.
«Considérez-moi, je vous prie, monsieur et cher client, comme le plus dévoué de vos amis.
«J.-D. de Saint-Roch.»
—Diable! se dit Pascal, à neuf heures! Il est huit heures et demie passées, je n’ai que le temps de fuir si je veux éviter le personnage.
Mais, au même instant, le domestique annonça:
—Monsieur le chevalier de Jeuflas.
Le chevalier est un homme du meilleur monde, aimable, poli, distingué. Il serait difficile de lui assigner un âge, il doit avoir entre trente et soixante-cinq ans.
Ce qui se voit du premier coup d’œil, c’est qu’il a un excellent tailleur. Deux ou trois ordres, dont un marron clair, fleurissent à sa boutonnière. Il grasseye légèrement en parlant.
M. de Jeuflas n’eut aucunement l’air embarrassé de se présenter ainsi chez un étranger. Il salua gracieusement Pascal.