—Monsieur est sorti, il a dit qu’il ne rentrerait pas de la soirée.
Jean Lantier cherchait en vain son associé pour une affaire qui ne souffrait, disait-il, aucun retard: pas d’associé.
Lorilleux se perdait en conjectures et se mourait d’inquiétude.
Cela ne pouvait durer, et un soir la même préoccupation réunit l’entrepreneur et le médecin. Tous deux, à dix heures du soir, attendaient Pascal dans son cabinet.
Jean Lantier, pressé par sa femme, voulait parler d’une de ses filles.
Lorilleux était décidé à inviter son ami à venir dîner en famille, le surlendemain, comptant lui présenter sa sœur.
A onze heures, Pascal rentra radieux. Il avait passé la soirée près de mademoiselle Antoinette, elle n’avait pas répondu: Non, à une question qu’il avait osé lui adresser tout bas.
Pascal rentrait avec la résolution bien arrêtée d’écrire à sa famille pour solliciter l’autorisation nécessaire, et d’annoncer hautement son mariage. C’était bien le meilleur moyen de détourner les soupçons, si quelqu’un pouvait en avoir. Ainsi il laissait M. de Saint-Roch et le chevalier de Jeuflas dans la coulisse dont ils ne devaient pas sortir. Les constructions de M. Gerbeau expliquaient parfaitement l’introduction de Pascal dans cette famille: les relations d’affaires sont souvent le prélude d’une bonne et sincère amitié.
—Ce n’est pas malheureux! s’écria Lorilleux, dès que le jeune ingénieur parut, voici deux heures que nous t’attendons. Te voir devient furieusement difficile. Mais tu es superbe! chez quel prince souverain as-tu dîné? Je ne te savais pas si beau.
Depuis sa première entrevue avec mademoiselle Gerbeau, Pascal en effet tournait au dandy.