—Eh! que ne l’as-tu dit plus tôt. J’aurais peut-être déjà quatre enfants à cette heure...
—J’ai voulu attendre.
—Mon cher ami, je te l’ai répété vingt fois, les gens qui attendent toujours que la poire soit mûre, finissent par n’en jamais manger.
—Accable-moi, soupira le médecin, je le mérite, mais, au nom du ciel, ne me raille pas.
—Je n’ai jamais été plus sérieux, reprit Pascal; mais vois la vanité des projets: tu voulais me marier avec ta sœur, ma mère élevait exprès pour moi une héritière, Lantier me destinait une de ses filles... Folies. Je me marie, et c’est par hasard. Vois-tu bien, mon cher, on n’épouse jamais avec préméditation.
Lorilleux était trop accablé pour répondre.
—Écoute, continua Pascal, veux-tu, veux-tu faire une fois en ta vie une action sensée? Accepte, mais là, tout à coup, les yeux fermés, une proposition que je vais te faire, et qui te prouvera que je t’avais déjà pardonné.
—Je suis prêt à faire tout ce qu’il te plaira.
—Lantier voulait me donner une de ses filles, l’aînée, avec deux cent mille francs de dot. Je déclare la jeune personne charmante; mais Lantier ne m’a prévenu que ce matin, il était trop tard, j’en aime une autre. Seulement, pour calmer le chagrin de ce père, je lui ai proposé un autre gendre; et cet autre, c’est toi. Tu lui conviens, acceptes-tu? est-ce dit?
—Au moins, laisse-moi quelques jours de réflexion.