—Alors, voyez donc si l'uniforme de ce malheureux ne présente pas des traces de cette remarque.
Le sous-officier retourna le collet de la capote, visita la ceinture du pantalon, et dit:
—Vous avez raison... ce sont des effets réformés.
L'œil du jeune policier brilla, mais ce ne fut qu'un éclair.
—Il faut donc, observa-t-il, que ce pauvre diable ait acheté ce costume. Où?... Au Temple nécessairement, chez un de ces richissimes marchands qui font en gros le commerce des effets militaires. Ils ne sont que cinq ou six, j'irai de l'un à l'autre, et celui qui a vendu cet uniforme reconnaîtra certainement sa marchandise à quelque signe....
—Et cela nous mènera loin, grommela Gévrol.
Loin ou non, l'incident était vidé. Le sergent-major à sa grande satisfaction, reçut l'autorisation de se retirer, non sans avoir été prévenu, toutefois, que très-probablement le juge d'instruction aurait besoin de sa déposition.
Le moment était venu de fouiller le faux soldat, et le commissaire de police, qui se chargea en personne de cette opération, espérait bien qu'elle donnerait pour résultat une manifestation quelconque de l'identité de cet inconnu.
Il opérait, et dictait en même temps à un agent son procès-verbal, c'est-à-dire la description minutieuse de tous les objets qu'il rencontrait.
C'était: Dans la poche droite du pantalon: du tabac à fumer, une pipe de bruyère et des allumettes.