—Seulement, je suis peut-être indiscret?
—Oh! en aucune façon, monsieur le marquis, quoique cette lettre que je viens de lire m'ait profondément émue... elle m'est adressée par une pauvre enfant à qui je m'intéressais, que j'envoyais chercher, parfois, quand je m'ennuyais: Marie-Anne Lacheneur.
Exercé dès son enfance à la savante hypocrisie des salons, le jeune marquis de Sairmeuse avait habitué son visage à ne rien trahir de ses impressions.
Il savait rester riant avec l'angoisse au cœur, grave quand le fou-rire eût dû le secouer de ses hoquets.
Et cependant, à ce nom de Marie-Anne montant aux lèvres de Mlle de Courtomieu, son œil, où la satisfaction de soi le disputait au mépris des autres, son œil si clair se voila.
—Elles se connaissent!... pensa-t-il.
L'idée d'un rapprochement de ces deux femmes entre lesquelles hésitait sa passion le troublait extraordinairement, et éveillait en lui toutes sortes de pudeurs inconnues.
La main tournée, rien ne paraissait de son trouble, mais Mlle Blanche l'avait aperçu.
—Qu'est-ce que cela signifie?... se dit-elle, toute inquiète.
Cependant, c'est avec le naturel parfait de l'innocence qu'elle poursuivit: