—Au fait, vous devez l'avoir vue, monsieur le marquis, cette pauvre Marie-Anne, puisque son père était le dépositaire de Sairmeuse?

—Je l'ai vue, en effet, mademoiselle, répondit simplement Martial.

—N'est-ce pas, qu'elle est remarquablement belle, et d'une beauté tout étrange, et qui surprend?

Un sot eût protesté. Le marquis de Sairmeuse ne commit pas cette faute.

—Oui, elle est très-belle, dit-il.

Cette soi-disant franchise déconcerta un peu Mlle Blanche, et c'est avec un air d'hypocrite compassion qu'elle ajouta:

—Pauvre fille!... que va-t-elle devenir? Voici son père réduit à bêcher la terre.

—Oh!... vous exagérez, mademoiselle, mon père préservera toujours Lacheneur de la gêne.

—Soit... je comprends cela... mais cherchera-t-il aussi un mari pour Marie-Anne?

—Elle en a un tout trouvé, mademoiselle... J'ai ouï dire qu'elle va épouser un garçon des environs qui a quelque bien, un certain Chanlouineau.