—Ainsi, vous avez vu le marquis de Sairmeuse, ma chère Marie-Anne? dit-elle.
—Oui.
—Serait-il allé chez vous?...
—Il y allait... quand il m'a rencontrée, dans les bois de la Rèche...
Elle rougissait, en disant cela; elle devenait cramoisie au souvenir de l'impertinente galanterie de Martial.
La sotte expérience de Mlle Blanche—elle était terriblement expérimentée, cette fille qui sortait du couvent,—se méprit à ce trouble. Elle sut dissimuler, pourtant, et quand Marie-Anne se retira, elle eut la force de l'embrasser avec toutes les marques de l'affection la plus vive. Mais elle suffoquait.
—Quoi!... pensait-elle, pour une fois qu'ils se sont rencontrés, ils ont gardé l'un de l'autre une impression si profonde!... S'aimeraient-ils donc déjà?...
XIV
Si Martial eût rapporté fidèlement à Mlle Blanche tout ce qu'il entendit dans le cabinet du marquis de Courtomieu, il l'eût probablement un peu étonnée.
Il l'eût, à coup sûr, stupéfiée, s'il lui eût confessé en toute sincérité ses impressions et ses réflexions.