—Pourquoi cette émotion si violente? se demanda-t-elle, soupçonneuse.

C'est qu'un combat terrible se livrait dans l'âme du jeune marquis de Sairmeuse, entre son honneur et sa passion.

Ne souhaitait-il pas, la veille, l'éloignement de Maurice?

Eh bien!... une occasion se présentait, telle qu'il était impossible d'en imaginer une meilleure!... Que la démarche proposée eût lieu, et certainement le baron et sa famille allaient être forcés de s'expatrier peut-être pour toujours...

On hésitait, Martial le voyait, et il sentait qu'un mot de lui, un seul, pour ou contre, entraînerait tous les assistants.

Il eut dix secondes d'angoisses affreuses... Mais l'honneur l'emporta.

Il se leva et déclara que la mesure était mauvaise, impolitique...

—M. d'Escorval, dit-il, est un de ces hommes qui répandent autour d'eux comme un parfum d'honnêteté et de justice... Ayons le bon sens de respecter la considération qui l'environne.

Ainsi qu'il l'avait prévu, Martial décida les hôtes de M. de Courtomieu. L'air froid et hautain qu'il savait si bien prendre, sa parole brève et tranchante produisirent un grand effet.

—Évidemment, ce serait une faute! fut le cri général.