Martial s'était rassis, Mlle Blanche se pencha vers lui.

—C'est bien!... ce que vous avez fait là, monsieur le marquis, murmura-t-elle, vous savez défendre vos amis.

Pris à l'improviste, la voix de Martial se ressentit de son agitation:

—M. d'Escorval n'est pas de mes amis, dit-il, l'injustice m'a révolté, voilà tout.

Mlle de Courtomieu ne pouvait être dupe de cette explication. Un pressentiment lui disait qu'il y avait là quelque chose. Cependant elle ajouta:

—Votre conduite n'en est que plus belle.

Mais ce n'était pas là l'avis du duc de Sairmeuse, et tout en regagnant son château quelques heures plus tard, il reprochait amèrement à son fils son intervention.

—Pourquoi, diable! vous mêler de cette histoire! disait le duc. Je n'eusse point voulu prendre sur moi l'odieux de cette proposition, mais puisqu'elle était lancée...

—J'ai tenu à empêcher une sottise inutile!

—Sottise... inutile!... Jarnibieu! marquis, vous avez tôt fait de trancher. Pensez-vous que ce damné baron nous adore?... Que répondriez-vous, si on vous disait qu'il trame quelque chose contre nous?...