M. d'Escorval voulait éteindre dans le cœur de son fils la dernière lueur d'espoir.
—C'en est fait, répétait Maurice, M. Lacheneur a perdu la raison...
Le baron hocha la tête d'un air découragé.
—C'est ce que je pensais d'abord, murmura-t-il.
—Mais que dit-il, pour justifier sa conduite; il doit dire quelque chose?...
—Rien... il a su esquiver toute explication.
—Et vous, mon père, vous qui avez la pratique des hommes, avec toute votre expérience, vous n'avez pu pénétrer ses intentions!
Entre le moment où Martial de Sairmeuse l'avait quitté au milieu de la lande, et l'instant présent, M. d'Escorval avait eu le temps de réfléchir:
—J'ai des soupçons, répondit-il, mais seulement des soupçons... Il se peut que Lacheneur, obéissant aux inspirations de sa haine, rêve quelque vengeance terrible... Qui sait s'il ne songe pas à organiser quelque complot dont il serait le chef?... Ces suppositions expliquent tout. Chanlouineau serait comme un autre lui-même, il ménagerait le marquis de Sairmeuse pour avoir par lui des informations indispensables...
Le sang revenait aux joues pâlies de Maurice.