Inquiet, il interrogea son fils, mais si habilement qu'il s'y prit, il n'en put rien tirer.
Maurice, que la seule tentation d'un mensonge faisait rougir jusqu'aux oreilles, trouva au service de ses projets l'imperturbable dissimulation d'un vieux diplomate.
Il avait décidé qu'il ne dirait rien à ses parents. À quoi bon les inquiéter!... D'un autre côté, il redoutait des remontrances, sentant bien que plutôt que de subir des empêchements il déserterait la maison paternelle...
Enfin, vers la seconde semaine de septembre, l'abbé Midon déclara que Maurice pouvait reprendre sa vie habituelle, et que même, le temps se maintenant au beau, quelques exercices violents lui seraient favorables.
Volontiers, Maurice eût embrassé le digne prêtre.
—Quel bonheur!... s'écria-t-il, je vais donc pouvoir chasser!
La chasse, jusqu'alors, lui avait médiocrement plu, mais il jugeait utile d'afficher cette passion qui pouvait lui fournir de perpétuels prétextes d'absence.
Jamais il ne s'était senti si heureux que le matin où sur les sept heures, le fusil sur l'épaule, il passa L'Oiselle pour gagner la maison de M. Lacheneur.
Ayant réfléchi aux conjectures de son père, il les tenait pour des certitudes, et il ne doutait aucunement du succès de sa démarche.
Cependant, en arrivant au bois de la Rèche, il s'arrêta un moment à l'endroit d'où on découvrait la maison. Bien lui en prit, car il vit sortir successivement Jean et Chanlouineau. Ils portaient, l'un et l'autre, une balle de colporteur.