M. Lacheneur fut visiblement ébranlé.
—Au moins, laissez-moi le temps de réfléchir, dit-il.
—Il n'y a plus à réfléchir, monsieur.
—Mais vous êtes un enfant, Maurice, mais votre père est mon ami...
—Qu'importe!...
—Malheureux!... Vous ne comprenez donc pas qu'en vous engageant, vous engagez fatalement le baron d'Escorval... Vous croyez ne risquer que votre tête, vous jouez la vie de votre père...
Mais Maurice l'interrompit violemment.
—C'est trop d'hésitations!... s'écria-t-il, c'est assez de remontrances!... Répondez-moi d'un mot!... Seulement, sachez-le bien, si vous me repoussez, je rentre chez mon père, et avec ce fusil que je tiens, je me fais sauter la cervelle...
Ce ne pouvait être une menace vaine. On comprenait à son accent que ce qu'il disait, il le ferait. On le sentait si bien que Marie-Anne s'inclina vers son père, les mains jointes, le regard suppliant.
—Soyez donc des nôtres! prononça durement M. Lacheneur. Mais n'oubliez jamais la menace qui m'arrache mon consentement. Quoi qu'il arrive à vous ou aux vôtres, rappelez-vous que vous l'aurez voulu!...