Mais ces sinistres paroles ne pouvaient toucher Maurice, il délirait, il était ivre de joie.

—Maintenant, continua M. Lacheneur, il me reste à vous dire mes espérances et à vous apprendre pour quelle cause...

—Eh!... qu'est-ce que cela me fait! dit insoucieusement Maurice.

Il s'avança vers Marie-Anne, lui prit la main qu'il porta à ses lèvres, et, riant de ce bon rire de la jeunesse, il s'écria:

—Ma cause... la voilà!...

Lacheneur se détourna. Peut-être songeait-il qu'il suffisait d'un mouvement de sa volonté, d'un sacrifice de son orgueil pour assurer le bonheur de ces deux pauvres enfants...

Mais si une pensée de rémission traversa son cerveau, il la repoussa, et c'est de l'air le plus sombre qu'il reprit:

—Encore faut-il, monsieur d'Escorval, arrêter nos conventions...

—Dictez vos conditions, monsieur.

—D'abord, vos visites ici, après certains bruits répandus par moi, éveilleraient des défiances. Vous ne viendrez nous voir que de nuit, à des heures convenues d'avance, jamais à l'improviste...