M. Lacheneur, outre tous les objets choisis au château, avait reçu le montant du legs de Mlle Armande et une indemnité. Le tout allait à une soixantaine de mille francs.

—Il serait, jarnibieu! bien dégoûté s'il n'était pas content! maugréait le duc, furieux d'une prodigalité qui cependant ne lui coûtait rien.

Encore entretenu dans ses illusions par l'opinion de son père, Martial se croyait un peu chez lui dans la maison de M. Lacheneur.

Le soupçon des visites de Maurice faillit l'éclairer...

—Serais-je donc dupe d'une rouée?... pensa-t-il.

Son dépit fut tel que, pendant plus d'une semaine, il prit sur lui de ne se point montrer à la Rèche.

Cette bouderie, le duc de Sairmeuse la devina, et l'exploitant avec l'adresse de l'intérêt en éveil, il en sut tirer le consentement de son fils à l'alliance avec les Courtomieu.

Livré jusqu'alors aux plus cruelles indécisions, Martial avait esquivé toute réponse catégorique. Habilement agacé, il s'écria enfin:

—Soit!... j'épouse Mlle Blanche.

Le duc n'était pas homme à laisser refroidir ces bonnes dispositions.