Maurice et Marie-Anne devaient être les deux plus intrépides auxiliaires de M. Lacheneur. Ils entrevoyaient après le triomphe une si magnifique récompense!...
N'est-ce pas dire la fiévreuse activité que déploya Maurice!... Toute la journée, il courait les hameaux des environs, et le soir, aussitôt le dîner, il s'esquivait, traversant l'Oiselle dans son bateau, et volait à la Rèche.
M. d'Escorval ne pouvait pas ne pas remarquer à la longue les absences de son fils; il surveilla et acquit la certitude que Lacheneur l'avait «embauché;» ce fut son expression.
Saisi d'effroi, il résolut d'aller sur-le-champ, sans prévenir Maurice, trouver son ancien ami, et prévoyant un nouvel échec, il pria l'abbé Midon de l'accompagner.
C'est le 4 mars, vers quatre heures et demie, que M. d'Escorval et le curé de Sairmeuse prirent le chemin des landes de la Rèche. Si tristes ils étaient et si inquiets, qu'ils n'échangèrent pas dix paroles le long de la route.
Un spectacle étrange les attendait à la sortie du bois...
Le jour tombait, mais on distinguait encore les objets...
Devant la maison de Lacheneur se tenait un groupe d'une douzaine de personnes, et M. Lacheneur parlait...
Que disait-il?... Ni le baron, ni le prêtre ne pouvaient l'entendre, mais il y eut un moment où les plus vives acclamations accueillirent ses paroles...
Aussitôt une allumette brilla entre ses doigts... il alluma une torche de paille et la lança sur le toit de chaume de sa maison en criant d'une voix formidable: