—Demain vous le saurez, répondit Chanlouineau qui s'était avancé. Pour ce soir, vous êtes notre prisonnière.

—Vous ignorez qui je suis, mon garçon, je le vois bien...

—Pardonnez-moi, et c'est pour cela que je vous prie de descendre... Il faut qu'elle descende, n'est-ce pas, M. d'Escorval?

—Eh bien!... Moi je déclare que je ne descendrai pas, dit Mlle Blanche; arrachez-moi d'ici, si vous l'osez!...

On eût osé, certainement, sans Marie-Anne qui arrêta plusieurs paysans prêts à s'élancer.

—Laissez passer librement Mlle de Courtomieu, dit-elle.

Mais cela pouvait avoir de telles conséquences, que Chanlouineau eut le courage de résister.

—Cela ne se peut, Marie-Anne, dit-il; elle irait prévenir son père... Il faut la garder en ôtage, sa vie peut répondre de la vie de nos amis.

Mlle Blanche n'avait pas plus reconnu le déguisement masculin de son ancienne amie qu'elle n'avait soupçonné le but de ce grand rassemblement d'hommes.

Le nom de Marie-Anne prononcé après celui de d'Escorval l'éclaira.