Et le digne prêtre n'osait s'éloigner, il attendait, heureux en son malheur d'avoir retrouvé la voiture et d'avoir réussi à la défendre contre une douzaine de paysans qui prétendaient s'en emparer.
Il écoutait la délibération de M. Lacheneur et de ses amis.
Devaient-ils tirer chacun de son côté? Devaient-ils, en s'obstinant à une résistance désespérée, laisser à tous les conjurés le temps de gagner leur maison?...
Ils hésitaient quand enfin arrivèrent au rendez-vous les débris de la colonne confiée à Maurice et à Chanlouineau.
De cinq cents hommes qui la composaient au départ de Sairmeuse, quinze restaient, en comptant les deux officiers à demi-solde.
Marie-Anne marchait au milieu de ce petit groupe.
La voix de Chanlouineau devait mettre fin aux hésitations.
—Je viens pour me battre, déclara-t-il, et je vendrai chèrement ma vie.
—Battons-nous donc! dirent les autres.
Mais Chanlouineau ne les suivit pas sur le terrain qui fut jugé le mieux disposé pour une longue défense; il avait tiré Maurice à l'écart.