—Vous, monsieur d'Escorval, lui dit-il brusquement, vous allez vous retirer.

—Moi!... je vais faire mon devoir, comme vous, Chanlouineau...

—Votre devoir, monsieur, est de sauver Marie-Anne, partez, emmenez-la.

—Je reste!... prononça Maurice.

Il allait rejoindre les derniers combattants, Chanlouineau l'arrêta.

—Vous n'avez pas le droit de vous faire tuer ici, dit-il d'une voix sourde, votre vie appartient à la femme qui s'est donnée à vous.

—Malheureux!... qu'osez-vous dire!...

Chanlouineau hocha tristement la tête.

—À quoi bon nier?... fit-il. Ce qui est arrivé devait arriver... Il est de ces tentations si grandes, qu'un ange n'y résisterait pas... Ce n'est ni votre faute, ni la sienne... Lacheneur a été un mauvais père. Il y a eu un jour... quand j'ai été sûr... où je voulais me tuer ou vous tuer, je ne savais lequel... Allez, vous n'aurez plus jamais la mort si près de vous qu'une fois... Je vous ai tenu au bout de mon fusil à cinq pas... C'est le bon Dieu qui a arrêté ma main, en me montrant son désespoir... Maintenant que je vais mourir ainsi que Lacheneur, il faut bien que quelqu'un reste à Marie-Anne... Jurez-moi que vous l'épouserez... On vous inquiétera peut-être pour l'affaire de cette nuit, mais j'ai ici de quoi vous sauver...

Un feu de peloton l'interrompit, les soldats du duc de Sairmeuse arrivaient...