C'est dire le tressaillement de joie de M. de Sairmeuse, quand rentrant chez lui après une entrevue avec M. de Courtomieu, on lui apprit que Martial était arrivé depuis un quart d'heure.
—M. le marquis est monté précipitamment à sa chambre en descendant de cheval, ajouta le domestique.
—C'est bien!... fit le duc, je l'y rejoins.
Tout haut, devant ses gens, il disait: «C'est bien!» mais il se disait tout bas:
—Ceci, à la fin, frise l'impertinence! Quoi, je suis à cheval, en train de faire le coup de fusil, et monsieur mon fils se met au lit tranquillement, sans seulement s'informer de moi!...
Il était arrivé à la chambre de son fils, mais la porte était fermé en dedans. Il frappa.
—Qui est-là? demanda Martial.
—Moi! ouvrez!
Martial retira le verrou. M. de Sairmeuse entra, et ce qu'il vit le fit frémir.
Sur la table était une cuvette de sang, et Martial, le torse nu, lavait une large blessure qu'il avait un peu au-dessus du sein droit.