Ce jour-là, cette politesse était de l'héroïsme.

Était-il du complot? on l'a toujours cru.

Le fait est qu'il invita Maurice et l'abbé à se rafraîchir, de façon à leur donner à entendre qu'il avait à leur parler, et il les conduisit à une chambre où il savait être à l'abri de toute indiscrétion.

Grâce à un des valets de chambre du duc de Sairmeuse qui fréquentait son établissement, il en savait autant que l'autorité, il en savait plus, même, puisqu'il avait en même temps des informations par ceux des conjurés qui étaient restés en liberté.

Par lui, l'abbé Midon et Maurice eurent leurs premiers renseignements positifs.

D'abord on était sans nouvelles de Lacheneur, non plus que de son fils Jean; ils avaient échappé aux plus ardentes recherches.

En second lieu, il y avait jusqu'à ce moment deux cents prisonniers à la citadelle, et parmi eux le baron d'Escorval et Chanlouineau.

Enfin, depuis le matin, il n'y avait pas eu moins de soixante arrestations à Montaignac même.

On pensait généralement que ces arrestations étaient l'œuvre d'un traître, et la ville entière tremblait...

Mais M. Langeron connaissait leur véritable origine, qui lui avait été confiée, sous le sceau du secret, par son habitué le valet de chambre.