L'abbé Midon espérant que sa robe lèverait la consigne, s'approcha et se nomma. Il fut repoussé comme les autres.
—M. le duc travaille et ne peut recevoir, répondirent les domestiques, M. le duc rédige ses rapports pour Sa Majesté.
Et à l'appui de leurs dires, ils montraient dans la cour les chevaux tout sellés des courriers qui devaient porter les dépêches.
Le prêtre rejoignit tristement son compagnon.
—Attendons! lui dit-il.
Volontairement ou non, les domestiques trompaient tous ces pauvres gens. M. de Sairmeuse, en ce moment, s'inquiétait peu de ses rapports. Une scène de la dernière violence éclatait entre M. de Courtomieu et lui.
Chacun de ces deux nobles personnages prétendant s'attribuer le premier rôle,—celui qui serait le plus chèrement payé, sans doute,—il y avait conflit d'ambitions et de pouvoirs.
Ils avaient commencé par échanger quelques récriminations, et ils en étaient vite venus aux mots piquants, aux allusions amères et enfin aux menaces.
Le marquis prétendait déployer les plus effroyables—il disait les plus salutaires—rigueurs; M. de Sairmeuse, au contraire, inclinait à l'indulgence.
L'un soutenait que du moment où Lacheneur, le chef de la conspiration, et son fils s'étaient dérobés aux poursuites, il était urgent d'arrêter Marie-Anne.