—Restez assis!... commanda le duc, ou je vous fais expulser...
Lui déclara qu'il voulait parler: il avait quelque chose à dire, des observations à ajouter à la plaidoirie des avocats...
Alors, sur un signe, deux grenadiers approchèrent, qui appuyèrent leurs mains sur les épaules du robuste paysan. Il se laissa retomber sur son banc, comme s'il eût cédé à une force supérieure, lui qui eût étouffé aisément ces deux soldats, rien qu'en les serrant entre ses bras de fer.
On l'eût dit furieux; intérieurement il était ravi. Le but qu'il se proposait, il l'avait atteint. Ses yeux avaient rencontré les yeux de l'abbé Midon, et dans un rapide regard, inaperçu de tous, il avait pu lui dire:
—Quoi qu'il advienne, veillez sur Maurice, contenez-le... qu'il ne compromette pas, par quelque éclat, le dessein que je poursuis!...
La recommandation n'était pas inutile.
La figure de Maurice était bouleversée comme son âme; il étouffait, il n'y voyait plus, il sentait s'égarer sa raison.
—Où donc est le sang-froid que vous m'avez promis!... murmura le prêtre.
Cela ne fut pas remarqué. L'attention, dans cette grande salle lugubre, était intense, palpitante... Si profond était le silence qu'on entendait le pas monotone des sentinelles de faction autour de la chapelle.
Chacun sentait instinctivement que le moment décisif était venu, pour lequel le tribunal avait ménagé et réservé tous ses efforts.