—De grâce, monsieur, fit-il avec vivacité, n'oubliez pas quel danger nous menace et combien peu de temps nous avons... J'ai commis la faute, laissez-moi la réparer...
Et se retournant vers Marie-Anne:
—Vous pouvez considérer le baron comme sauvé, poursuivit-il, mais il faut que je m'entende avec un de vos amis... Retournez vite à l'hôtel de France et envoyez le curé de Sairmeuse me rejoindre sur la place d'Armes, où je vais l'attendre...
XXX
Arrêté des premiers au moment de la panique des conjurés devant Montaignac, le baron d'Escorval n'avait pas eu une seconde d'illusions...
—Je suis un homme perdu!... pensa-t-il.
Et envisageant d'une âme sereine la mort toute proche, il ne songea plus qu'aux périls qui menaçaient son fils.
Son attitude devant ses juges fut le résultat de cette préoccupation.
Il ne respira vraiment qu'après avoir vu Maurice traîné hors de la salle par l'abbé Midon et les officiers à demi-solde... Il avait compris que son fils voulait se livrer...
C'est donc le front haut, le maintien assuré, le regard droit et clair que le baron écouta la sentence fatale. D'avance son sacrifice était fait.