On venait de lui jeter deux limes.
Son premier sentiment fut tout de défiance. Il savait qu'il est des geôliers qui mettent leur amour-propre à déshonorer leurs prisonniers avant de les livrer à l'exécuteur!...
Qui lui assurait qu'on n'espérait pas l'embarquer dans quelque aventure au bout de laquelle ne serait pas le salut, mais où il laisserait, sinon l'honneur, au moins la renommée de l'honneur.
Était-elle amie ou ennemie, la main qui lui faisait parvenir ces instruments de délivrance et de liberté?
Les paroles de Chanlouineau et les regards dont elles étaient accompagnées se représentaient bien à sa mémoire, mais il n'en était que plus perplexe.
Il restait donc debout, le front plissé par l'effort de sa pensée, tournant et retournant ces limes fines et bien trempées, lorsqu'il aperçut à terre, plié menu, un papier qu'il n'avait pas remarqué tout d'abord.
Il le ramassa vivement, le déplia et lut:
«Vos amis veillent... Tout est prêt pour votre évasion... Hâtez-vous de scier les barreaux de votre fenêtre... Maurice et sa mère vous embrassent... Espoir, courage!»
Au-dessous de ces quelques lignes, pas de signature, un M.
Mais le baron n'avait pas besoin de cette initiale pour être rassuré. Il avait reconnu l'écriture de l'abbé Midon.