Martial riait.

—Si la justice cherche, répondit-il, elle trouvera un coupable de ma façon... Allez, j'ai tout prévu... Je n'avais qu'une personne à craindre: vous. Un homme sûr vous a prié de ma part de me rejoindre ici, vous êtes venu, vous avez vu, vous me promettez de rester neutre... je suis tranquille. Le baron sera en Piémont, respirant l'air à pleins poumons, quand le soleil se lèvera.

Il avait fini d'arranger les cordes, il prit la lanterne et continua d'un ton léger:

—Mais sortons... mon père ne peut éternellement haranguer les soldats.

—Cependant, insista M. de Courtomieu, vous ne m'avez pas dit...

—Je vous dirai tout, mais ailleurs... venez, venez...

Ils sortirent, la serrure et les verroux grincèrent, et alors le baron se redressa.

Toutes sortes d'idées contradictoires, de suppositions bizarres, de doutes et de conjectures se pressaient dans son esprit.

Que contenait donc cette lettre?... Comment Chanlouineau ne s'en était-il pas servi pour son propre salut?... Qui jamais eût cru Martial si fidèle à une parole arrachée par des menaces?... Il s'inquiétait surtout de la façon dont lui parviendraient les cordes.

Mais c'était le moment d'agir, non de réfléchir... les barreaux étaient énormes et il y en avait deux rangées...