M. d'Escorval se mit à la besogne.
Il avait jugé sa tâche difficile!... Elle l'était mille fois plus qu'il ne l'avait soupçonné, il le reconnut tout d'abord.
C'était la première fois qu'il se servait d'une lime, et il ne savait comment la manœuvrer. Elle mordait, il est vrai, elle entamait le fer, mais avec une lenteur désespérante, et bien plus en surface qu'en profondeur.
Et ce n'était pas tout... Quelques précautions que prit le baron, chaque coup de lime rendait un son aigre, strident, qui glaçait son sang dans ses veines... Si on allait entendre ce bruit!... il lui paraissait impossible qu'on ne l'entendit pas, tant il lui semblait formidable!...
Il distinguait bien, par moments, le pas des factionnaires qui avaient repris leur poste dans le corridor...
Si faible, après vingt minutes, était le résultat, que le baron se sentit envahi par un affreux découragement.
Aurait-il seulement scié le premier rang de barreaux quand paraîtrait le jour? De toute évidence, non. Dès lors, à quoi bon s'épuiser à un travail inutile... Pourquoi ternir la dignité de sa mort par le ridicule d'une évasion manquée?...
Il hésitait, quand des pas nombreux s'arrêtèrent devant sa prison. Il courut s'asseoir devant sa table.
La porte s'ouvrit et un soldat entra, auquel un officier resté sur le seuil dit:
—Vous savez la consigne, caporal... défense de fermer l'œil... Si le prisonnier a besoin de quelque chose, appelez!...