Qui donc lui avait imposé le rôle odieux qu'elle avait joué entre Maurice, Martial et Chanlouineau?

À ce dernier nom traversant sa pensée, toute la scène du cachot, soudainement, lui apparut comme aux lueurs d'un éclair.

Chanlouineau, condamné à mort, lui avait remis une lettre en lui disant:

—Vous la lirez quand je ne serai plus...

Elle pouvait la lire, maintenant qu'il était tombé sous les balles!... Mais qu'était-elle devenue?... Depuis le moment où elle l'avait reçue elle n'y avait pas pensé...

Elle se souleva, et d'une voix brève:

—Ma robe!... demanda-t-elle à la vieille assise près du lit, donnez-moi ma robe!...

La vieille obéit, et d'une main fiévreuse Marie-Anne palpa la poche.

Elle eut une exclamation de joie, elle sentait un froissement sous l'étoffe, elle tenait la lettre.

Elle l'ouvrit, la lut lentement à deux reprises et, se laissant retomber sur son oreiller, fondit en larmes...