Inquiet, Maurice s'approcha.
—Qu'avez-vous, mon Dieu!... demanda-t-il d'une voix émue.
Elle lui tendit la lettre en disant:
—Lisez.
Chanlouineau n'était qu'un pauvre paysan.
Toute son instruction lui venait d'un vieil instituteur de campagne, dont il avait fréquenté l'école pendant trois hivers, et qui s'inquiétait infiniment moins de l'application de ses élèves que de la grosseur de la bûche qu'ils apportaient chaque matin.
Sa lettre, écrite sur le papier le plus commun, avait été fermée avec un de ces maîtres pains à cacheter, larges et épais comme une pièce de deux sous, que l'épicier de Sairmeuse débitait au quarteron.
Pénible était l'écriture. Lourde et toute tremblée, elle trahissait la main roide de l'homme qui a manié la bêche plus que la plume.
Les lignes s'en allaient en zig-zag, vers le haut ou vers le bas de la page, et les fautes d'orthographes s'y enlaçaient...
Mais si l'écriture était d'un paysan vulgaire, la pensée était digne des plus nobles et des plus fiers, des plus hauts selon le monde.