Voici ce qu'avait écrit Chanlouineau, la veille, très-probablement, du soulèvement:
«Marie-Anne,
«Le complot va donc éclater. Qu'il réussisse ou qu'il échoue, j'y serai tué... Cela a été décidé par moi et arrêté le jour où j'ai su que vous ne pouviez plus ne pas épouser Maurice d'Escorval.
«Mais le complot ne réussira pas, et je connais assez votre père pour savoir qu'il ne voudra pas survivre à sa défaite.
«Si Maurice et votre frère Jean venaient à être frappés mortellement, que deviendriez-vous, ô mon Dieu?... En seriez-vous donc réduite à tendre la main aux portes?...
«Je ne fais que penser à cela en dedans de moi, continuellement. J'ai bien réfléchi et voici ma dernière volonté:
«Je vous donne et lègue en toute propriété, tout ce que je possède:
«Ma maison de la Borderie, avec le jardin et les vignes qui en dépendent, les taillis et les pâtures de Bérarde et cinq pièces de terre au Valrollier.
«Vous trouverez le détail de cela et de diverses choses encore dans mon testament en votre faveur, déposé chez le notaire de Sairmeuse...
«Vous pouvez accepter sans craindre, car n'ayant point de parents je suis maître de mon bien.