Le conseil avait paru presque ridicule à Maurice; la leçon l'irrita.
—Eh! monsieur, s'écria-t-il, avez-vous réfléchi à ce que vous me conseillez! Comment voulez-vous que moi, proscrit, condamné à mort peut-être, je me procure les pièces qu'on exige pour un mariage!...
Le médecin hochait la tête.
—Permettez!... Vous n'êtes plus en France, monsieur d'Escorval, vous êtes en Piémont...
—Raison de plus...
—Non, parce qu'en ce pays on se marie encore, on peut se marier du moins, sans toutes les formalités qui vous préoccupent.
Maurice était devenu attentif.
—Est-ce possible!... exclama-t-il.
—Oui!... qu'un prêtre se trouve, qui consente à votre union, à vous inscrire sur le registre de sa paroisse et à vous donner un certificat, et vous serez unis si indissolublement, Mlle Lacheneur et vous, que jamais la cour de Rome ne vous accorderait le divorce...
Suspecter la vérité de ces affirmations était difficile, et cependant Maurice doutait encore.