Tout palpitant d'anxiété, il se demandait;

—Que va-t-il se passer?...

Il le sut bientôt.

Appuyé au chambranle doré de la porte de la galerie, il assista à la terrible scène du petit salon.

Il vit Martial de Sairmeuse, ivre de colère, jeter à la face du marquis de Courtomieu la lettre de Maurice d'Escorval.

On eût cru que rien de tout cela ne le touchait, tant il restait froid et immobile, pâle, les lèvres pincées, les yeux baissés... Mais ces apparences mentaient. Son cœur se dilatait en une espèce de jouissance, et s'il baissait les yeux, c'est qu'il ne voulait pas qu'on pût voir quelle joie immense y éclatait.

Jamais il n'eût osé souhaiter une vengeance si prompte ni surtout si terrible.

Et cependant ce n'était rien encore...

Après avoir écarté brutalement Blanche, sa jeune femme, qui s'opposait à sa sortie, qui s'accrochait désespérément à ses vêtements, Martial reprit le bras de Jean Lacheneur.

—Arrivez!... lui dit-il d'une voix frémissante. Suivez-moi!...