Jean le suivit.

Ils traversèrent de nouveau la grande galerie, au milieu des invités pétrifiés; mais, au lieu de gagner le vestibule, Martial s'empara d'un candélabre allumé sur une console et ouvrit une petite porte qui donnait sur un escalier de service.

—Où me conduisez-vous?... demanda Jean Lacheneur.

Martial, qui avait déjà gravi deux ou trois marches, se retourna:

—Avez-vous donc peur? fit-il.

L'autre haussa les épaules, et froidement:

—Si vous le prenez ainsi, prononça-t-il, montons.

Ils montèrent au second étage du château et arrivèrent à un appartement à demi démeublé, où tout était en désordre.

C'était l'appartement de garçon de Martial. La veille au soir, il avait bien cru qu'il y couchait pour la dernière fois.

Cet appartement, autrefois, était celui de Jean Lacheneur lorsqu'il venait passer les vacances près de son père, et rien n'y avait été changé. Il reconnaissait les rideaux à ramages, les grandes rosaces du tapis et jusqu'au vieux fauteuil où il avait lu tant de romans en cachette.