Depuis un moment, Martial contemplait ces ruines, non sans une violente émotion, quand il entendit un grand froissement dans les ajoncs.
Il se retourna: Maurice, Jean et le caporal Bavois arrivaient...
Le vieux soldat portait sous le bras un long et étroit paquet enveloppé de serge: c'était des épées que, pendant la nuit, Jean Lacheneur était allé chercher à Montaignac, chez un officier à demi-solde.
—Nous sommes fâchés, monsieur, commença Maurice, de vous avoir fait attendre. Remarquez toutefois qu'il n'est pas midi... Puis nous comptions peu sur vous...
—Je tenais trop à me... justifier, interrompit Martial, pour n'être pas exact.
Maurice haussa dédaigneusement les épaules.
—Il ne s'agit pas de se justifier, monsieur, dit-il d'un ton rude jusqu'à la grossièreté, mais de se battre.
Si insultants que fussent le geste et le ton, Martial ne sourcilla pas.
—Ou le malheur vous rend injuste, dit-il doucement, ou M. Lacheneur ici présent ne vous a rien dit.
—Jean m'a tout raconté...