—Eh bien, alors?...

Le sang-froid de Martial devait jeter Maurice hors de soi.

—Alors, répondit-il, avec une violence inouïe, ma haine est pareille, si mon mépris a diminué... Vous me devez une rencontre, monsieur, depuis le jour où nos regards se sont croisés sur la place de Sairmeuse, en présence de Mlle Lacheneur... Vous m'avez dit ce jour-là: «Nous nous retrouverons!» Nous voici face à face... Quelle insulte vous faut-il pour vous décider à vous battre?...

Un flot de sang empourpra le visage du marquis de Sairmeuse; il saisit une des épées que lui présentait le caporal Bavois, et tombant en garde:

—Vous l'aurez voulu, dit-il d'une voix stridente... Le souvenir de Marie-Anne ne peut plus vous sauver...

Mais les fers étaient à peine croisés, qu'un cri de Jean et du caporal Bavois arrêta le combat.

—Les soldats!... crièrent-ils, fuyons!...

Une douzaine de soldats, en effet, approchaient courant de toutes leurs forces.

—Ah! je l'avais bien dit!... s'écria Maurice, le lâche est venu, mais il avait prévenu les gendarmes!...

Il bondit en arrière, et brisant son épée sur son genou, il en lança les tronçons à la face de Martial en disant: