—Martial est mon mari, mon père.
—Quoi!... après ce qu'il a fait, vous osez le défendre!...
—Je ne le défends pas, mais je ne veux pas qu'on me le tue.
Qui eût, en ce moment, annoncé la mort de Martial, n'eût pas désespéré M. de Courtomieu.
—Vous l'avez entendu, mon père, poursuivit Mme Blanche, on assigne pour demain, à midi, un rendez-vous à Martial, à la lande de la Rèche... Je le connais, il a été insulté, il s'y rendra... Y rencontrera-t-il un adversaire loyal?... Non. Il y trouvera des assassins... Vous pouvez l'empêcher d'être assassiné.
—Moi, mon Dieu!... et comment?
—En envoyant à la Rèche des soldats qui se cacheront dans le bois, et qui, le moment venu, arrêteront les scélérats qui en veulent aux jours de Martial...
Le marquis hocha gravement la tête:
—Si je faisais cela, dit-il, Martial est capable...
—De tout!... oui, je le sais. Mais que vous importe, si je prends tout sur moi?