—Je ne puis jurer cela! murmura l'abbé en pâlissant.

Le regard de M. d'Escorval se voila:

—Et pourquoi donc? insista-t-il... Si j'étais repris, qu'arriverait-il? On me soignerait, et dès que je pourrais me tenir debout, on me fusillerait... Serait-ce donc un crime que de m'épargner l'horreur du supplice... Voyons, curé, vous êtes mon meilleur ami, n'est-ce pas? jurez-moi de me rendre ce suprême service... Voulez-vous que je vous maudisse de m'avoir sauvé la vie...

L'abbé ne répondit pas, mais son œil, volontairement ou non, s'arrêta avec une expression étrange sur la boîte de médicaments posée sur la table.

Voulait-il donc dire:

—Je ne ferai rien; mais là vous trouveriez du poison...

M. d'Escorval le comprit ainsi, car c'est avec l'accent de la reconnaissance qu'il murmura:

—Merci!...

Persuadé que désormais il était le maître de sa vie, qu'il aurait du poison sous la main s'il était découvert, le baron respirait librement.

De ce moment, sa situation, si longtemps désespérée, s'améliora visiblement et d'une façon soutenue.