—Dame! disait le père Poignot, faut être juste: elle n'a pas de chance... Elle a été élevée comme une reine, et maintenant la voilà à la charité... Son père a été guillotiné, elle ne sait ce qu'est devenu son frère... On se ferait du chagrin à moins.

À maintes reprises, l'abbé Midon, inquiet, l'avait questionnée.

—Vous souffrez, mon enfant, lui disait-il de sa bonne voix grave, qu'avez-vous?...

—Je ne souffre pas, monsieur le curé.

—Pourquoi ne pas vous confier à moi? Ne suis-je pas votre ami? Que craignez-vous?

Elle secouait tristement la tête et répondait:

—Je n'ai rien à confier!...

Elle disait: rien. Et, cependant elle se mourait de douleur et d'angoisses.

Fidèle à la promesse que lui avait arrachée Maurice, elle n'avait rien dit, ni de sa position, ni de ce mariage à la fois nul et indissoluble, contracté dans la petite église de Vigano.

Et elle voyait approcher avec une inexprimable terreur le moment où il lui serait impossible de dissimuler sa grossesse.