—M. le marquis? demanda-t-elle au premier valet qu'elle aperçut sous le vestibule.

—Il est dans sa chambre, mademoiselle; on l'a couché, il est un peu plus tranquille, maintenant.

Déjà la jeune femme arrivait à la chambre du marquis.

Il était assis sur son lit, les manches de sa chemise arrachées, et deux domestiques guettaient ses mouvements.

Sa face était livide, avec de larges marbrures bleuâtres aux joues... Ses yeux roulaient égarés sous leurs paupières bouffies, et une écume blanchâtre frangeait ses lèvres. Des mèches de cheveux rares collées sur son front ajoutaient encore à l'effrayante expression de sa physionomie.

La sueur, à grosses gouttes, coulait de son visage, et cependant il grelottait. Par moment, un spasme le tordait et le secouait plus rudement que le vent de décembre ne tord et ne secoue les branches mortes.

Il gesticulait furieusement, en criant des paroles incohérentes, d'une voix tour à tour sourde ou éclatante.

Cependant, il reconnut sa fille.

—Te voilà, fit-il, je t'attendais.

Elle restait sur le seuil, toute saisie, quoiqu'elle ne fût certes, ni tendre, ni impressionnable.