Elle regarda. On venait de glisser une lettre sous la porte.
Bravement, sans hésiter, elle courut ouvrir... personne!
Il faisait nuit, elle ne distingua rien dans les ténèbres, elle prêta l'oreille, pas un bruit ne troubla le silence.
Toute agitée d'un tremblement nerveux, elle ramassa la lettre, s'approcha de la lumière et regarda l'adresse:
—Le marquis de Sairmeuse! balbutia-t-elle, stupéfiée.
Elle venait de reconnaître l'écriture de Martial.
Ainsi il lui écrivait, il osait lui écrire!...
Le premier mouvement de Marie-Anne fut de brûler cette lettre, et déjà elle l'approchait de la flamme, quand le souvenir de ses amis cachés à la ferme du père Poignot l'arrêta.
—Pour eux, pensa-t-elle, il faut que je la lise...
Elle brisa le cachet aux armes de Sairmeuse et lut: