Or, elle ne voulait pas qu'il fût un héros.

Déjà elle en était à s'en vouloir comme d'une vilaine action, d'avoir pu, d'avoir osé comparer Maurice d'Escorval et le marquis de Sairmeuse.

Le résultat de ses soupçons fut qu'elle hésita cinq jours à se rendre à l'endroit où d'ordinaire l'attendait le père Poignot.

Elle n'y trouva pas l'honnête fermier, mais l'abbé Midon, fort inquiet de son absence.

C'était la nuit, mais Marie-Anne, heureusement, savait la lettre de Martial par cœur.

L'abbé la lui fit réciter à deux reprises, très-lentement la seconde fois, et quand elle eut terminé:

—Ce jeune homme, dit le prêtre, a les vices et les préjugés de sa naissance et de son éducation, mais son cœur est noble et généreux.

Et comme Marie-Anne exposait ses soupçons:

—Vous vous trompez, mon enfant, interrompit-il, le marquis est certainement sincère. Ne pas profiter de sa générosité, serait une faute.... à mon avis, du moins. Confiez-moi cette lettre, nous nous consulterons, le baron et moi, et demain je vous dirai notre décision...

Marie-Anne s'éloigna, toute agitée, et s'indignant de son agitation.