L'abbé, cet homme de tant d'expérience, et si froid, avait été ému des procédés de Martial et les avait admirés. Il l'avait loué avec une sorte d'enthousiasme, et il était allé jusqu'à dire que ce jeune marquis de Sairmeuse, comblé déjà de tous les avantages de la naissance et de la fortune, cachait peut-être, sous son insouciance affectée, un génie supérieur...

Elle s'arrêtait complaisamment à ces éloges de l'abbé, puis, tout à coup, s'en irritant:

—Eh! que m'importe!... répétait-elle, que m'importe!...

L'abbé Midon l'attendait avec une impatience fébrile, quand elle le rejoignit, vingt-quatre heures plus tard.

—M. d'Escorval est entièrement de mon avis, lui dit-il, nous devons nous abandonner au marquis de Sairmeuse. Seulement, le baron, qui est innocent, ne peut pas, ne veut pas accepter de grâce. Il demande la révision de l'inique jugement qui l'a condamné.

Encore qu'elle dût pressentir cette détermination, Marie-Anne parut stupéfiée.

—Quoi!... dit-elle, M. d'Escorval se livrera à ses ennemis, il se constituera prisonnier!...

—Le marquis de Sairmeuse ne promet-il pas un sauf conduit du roi?

—Oui.

—Eh bien!...