Elle ne trouva pas d'objection, et d'un ton soumis:

—Puisqu'il en est ainsi, monsieur le curé, dit-elle, je vous demanderai le brouillon de la lettre que je dois écrire à M. Martial.

Le prêtre fut un moment sans répondre. Il était évident qu'il reculait devant ce qu'il avait à dire. Enfin, se décidant:

—Il ne faut pas écrire, fit-il.

—Cependant...

—Ce n'est pas que je me défie, je le répète, mais une lettre est indiscrète, elle n'arrive pas toujours à son adresse, ou elle s'égare... Il faut que vous voyez M. de Sairmeuse...

Marie-Anne recula, plus épouvantée que si un spectre eût jailli de terre sous ses pieds.

—Jamais! monsieur le curé, s'écria-t-elle, jamais!...

L'abbé Midon ne parut pas s'étonner.

—Je comprends votre résistance, mon enfant, prononça-t-il doucement; votre réputation n'a que trop souffert des assiduités du marquis de Sairmeuse...