—J'avais deviné, pensait-elle, les dents serrées par la colère, le misérable me jouait. Qui sait si Martial et Marie-Anne ne sont pas là, dans cette maison, se moquant de moi, riant de ma crédulité!...
Elle rejoignit tante Médie à demi-morte de frayeur, et toutes deux s'avancèrent jusqu'à la lisière du «bocage,» à un endroit d'où l'on découvrait la façade de la Borderie.
Deux fenêtres au premier étage étaient éclairées de lueurs rougeâtres et mobiles... Évidemment il y avait du feu dans la pièce.
—C'est juste, murmura Mme Blanche, Martial est si frileux!
Elle songeait à s'avancer encore, quand un coup de sifflet la cloua sur place.
Elle regarda de tous côtés, et malgré l'obscurité, elle aperçut au milieu du sentier qui allait de la Borderie à la grande route, un homme chargé d'objets qu'elle ne distinguait pas...
Presque aussitôt, une femme, Marie-Anne, certainement, sortit de la maison et marcha à la rencontre de l'homme.
Ils ne se dirent que deux mots, et rentrèrent ensemble à la Borderie. Puis, l'homme ressortit, sans son fardeau, et s'éloigna.
—Qu'est-ce que cela signifie!... murmurait Mme Blanche.
Patiemment, pendant plus d'une demi-heure, elle attendit, et comme rien ne bougeait: